Le 23 avril 2020, le Directeur général (DG) de la compagnie aérienne nationale, Louis Georges Njipendi Kuotu a saisi à travers une correspondance le ministre en charge des Transports, Jean Ernest Ngalle Bibehe. De cette correspondance, l’on apprend que la Camair-Co envisage suspendre des contrats de travail de certains de ses personnels en recourant au chômage technique.
Dans sa correspondance adressée au Ministre des Transports, le DG de la Camair-Co écrit, « la mise en œuvre de ladite mesure qui couvre une période de six mois, pour compter de la deuxième semaine du mois de mai 2020, devrait concerner 371 employés (sur 577, soit 64% du personnel. Il s’agit principalement du personnel dont l’activité est directement impactée par la suspension de l’exploitation, à savoir le personnel de vente, le personnel d’escale et le personnel navigant d’une part, mais également le personnel administratif et support, non essentiel au cours de cette période de ralentissement des activités, d’autre part ».
Sous réserve de la prise en compte des variables du salaire dans cette période, le coût total du chômage technique est de 1.479 milliards de FCFA, selon Louis Georges Njipendi. Ce coût est réparti ainsi qu’il suit : 938,79 millions de FCFA pour les 206 personnels qui resteront travailler et 540,49 millions de FCFA pour les 371 personnels qui vont se retrouver en chômage technique.
Le directeur général de la Camair-Co indique également avoir saisi le ministre des finances pour solliciter un appui financier. Il est question à travers ce financement souhaité, d’assurer la prise en charge des dépenses y afférentes. Toute chose qui vise à permettre à la compagnie nationale de transport aérien de faire face aux conséquences économiques du Covid-19, elle qui, avant cette crise sanitaire était pleinement engagé dans la mise en œuvre de son plan de relance.
Innocent D H
Implantée au Sud-ouest, l’un des foyers de la crise anglophone, la Cameroon Development Corporation (CDC) paie un lourd tribut de la crise anglophone. Les tensions ont touché les 29 sites de production (plantations et usines) de la CDC et 12 000 employés de cette entreprise sont désormais en chômage technique. Dans une note au gouvernement, le directeur général de la CDC, Franklin Ngoni Ikome Njie a déclaré que « l’entreprise évolue en moins de 10% de ses capacités ». Au regard de l’insécurité qui prévaut dans la région « 12 000 employés ont été mis en chômage », ce qui représente 60% des effectifs.
En début d’année, l’entreprise avait sollicité un appui de 29 milliards de FCFA pour relancer ses activités, dont « sept milliards de FCFA sont nécessaires dans le secteur de l’hévéa, 14 milliards de FCFA pour les bananeraies, 7 milliards FCFA pour les palmeraies, le reste devrait servir à financer les arriérés de salaires », indiquait le directeur général dans une note au conseil d’administration.
Notons que, la CDC est l’une des toutes premières entreprises camerounaises, le premier employeur du pays avec 22 000 employés et l’un des principaux exportateurs des produits Made in Cameroun. Cette entreprise fait dans la production de la banane, l’huile de palme, du caoutchouc naturel et quelques cultures plus marginales.
Selon un rapport du Gicam, à cause de l’insécurité, les pertes enregistrées par les produits de cette société se chiffre à un manque à gagner en chiffres d’affaires estimés à 11,4 milliards FCFA ; ainsi que d’autres pertes (équipements volés/ détruits, rançons, vols,) évalués à 1,031 milliard de F CFA ; soit au moins 12 milliards FCFA globalement.
Toujours selon le Gicam, 12 sites sur 29 sont en arrêt total de production. 10 sites ne sont plus que partiellement opérationnels en raison des interruptions sporadiques d’activités suite à des attaques de groupes armés, des interruptions de l’alimentation en énergie électrique ou à cause de l’inaccessibilité à certaines zones. 07 sites dont 02 usines (Tiko et Idenau) et 05 plantations) sont encore entièrement opérationnels.
En tirant la sonnette d’alarme sur la situation de la CDC, la Gicam a révélé que les plantations de cette entreprise ne sont plus entretenues ni traitées. Ce qui laisse libre cours à la propagation des parasites et autres maladies faute de traitements phytosanitaires. « La CDC risque la rupture de contrats d’achat conclus avec des partenaires internationaux au regard de son incapacité actuelle à honorer ses engagements ».
Danielle Ngono Efondo