Dans une interview qu’il a accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, le président de la Commission nationale anti-corruption parle entre autres de la méthodologie qui guide le travail abattu par la structure dont il a la charge.
Le prétexte de l’interview accordée à nos confrères du journal suscité est la publication du rapport 2017 de la Commission nationale anti-corruption (Conac). Au mois de décembre 2018, la Conac a dévoilé son rapport annuel sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun. Ledit rapport est adressé à toutes fins utiles à Paul Biya, le Président de la République. Le document révèle que les efforts conjugués visant à limiter les déperditions d’argent et de fonds ont permis à l’Etat du Cameroun, de faire une économie de 375 milliards de FCFA.
Interrogé sur la méthodologie mise en place pour traquer la corruption dans les administrations, les entreprises publiques et privées du pays, le Révérend Dieudonné Massi Gams déclare «la méthodologie a consisté de manière globale à l’évaluation des cinq dernières années de mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption au Cameroun, validée et adoptée par le gouvernement et les partenaires techniques et financiers, soit de 2011 à 2016. Le travail a comporté la revue documentaire et l’enquête auprès des citoyens. L’enquête auprès des citoyens a donné la parole aux citoyens et a collecté auprès de ceux-ci leurs appréciations des efforts et des résultats obtenus après cinq années d’implémentation de la SNLCC. Cette enquête a été faite sur le terrain pour capter la plus grande diversité. Elle s’est appuyée sur un échantillon disséminé dans les 360 arrondissements du Cameroun, ceci à partir des équipes de la CNLCC qui ont reçu une formation technique d’enquêtes sociales et sur l’administration. Ainsi 6 145 personnes ont été interviewées et soumises à un questionnaire segmenté en cinq critères, 60 sous-critères et 5 questions subsidiaires. Il fallait pour ce faire que le répondant donne une appréciation en attribuant une note à chaque sous-critère évalué. Cette note allait de 0 à 10, la note maximale. D’où la production de l’IPC-CAM, une innovation de la Conac».
A titre de rappel le 28 décembre 2018, le Révérend Dieudonné Massi Gams était face à la presse et aux invités de marque réunis au palais des Congrès de Yaoundé. C’est ce jour qu’il a présenté le rapport 2017 sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun. Il en ressort que si l’on constate que ce vice a la peau dure au Cameroun, les membres de la Conac ont relevé avec satisfaction que la population du pays ex champion du monde de la corruption, prend de plus en plus conscience de la nécessité de lutter contre le phénomène de malversation.
«Nous avons reçu courant 2017, plus de 3900 dénonciations d’actes de corruption de la part de nos compatriotes vivant dans les dix Régions du pays et à de l’étranger. C’est la preuve que de plus en plus, beaucoup de camerounais comprennent la nécessité de participer à cette lutte contre la corruption» a déclaré, satisfait, le président de la Conac.
Liliane N.