« Les assaillants, qui étaient une centaine, sont venus à 22h00 et ont immédiatement attaqué le village endormi », a témoigné à l'AFP un habitant de la ville. L’agence de presse affirme qu’un des assaillants a été tué.
Selon les riverains, cette attaque a été facilitée par la porosité de cette zone située non loin de la frontière avec le Nigeria. « Nous avons quatre points de passage de Boko haram dans la localité qui nécessitent d’être bouchés par nos forces de défense. Il s’agit de Houlta, Galama, Bougalta et Ltilahoua », indique Viziga Emmanuel, président d’un comité local d’auto-défense. Le sous-préfet de Mokolo, Christian Joseph Abouma Biloa, est descendu sur les lieux pour évaluer les dégâts.
Depuis un mois et demi, les éléments de Boko Haram multiplient des attaques sanglantes dans différentes localités de l’Extrême-Nord. Pour le seul mois d’avril dernier, au moins 15 militaires et 20 civils ont été tués dans des attaques djihadistes. Quatre soldats ont été tués le 12 avril dernier dans l’explosion de leur véhicule sur une mine posée par des jihadistes présumés.
Onze civils ont été tués le 19 avril lors d’une attaque perpétrée dans la localité de Tchakamari. C’est l’attaque la plus meurtrière imputée à Boko Haram dans le nord camerounais depuis plusieurs mois, où se multiplient les assauts après une relative accalmie en 2018.
Auparavant, trois autres militaires camerounais avaient trouvé la mort lors de l’attaque d’un poste avancé de la Force multinationale mixte (FMM, une coalition régionale engagée contre les islamistes nigérians) dans la même région. La FMM, appuyée par des pays occidentaux, regroupe des militaires du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Nigeria, est engagée dans la lutte contre Boko Haram dans la région du lac Tchad avec l’aide de comités de vigilance composés de citoyens locaux.
Depuis son apparition en 2009 dans le nord-est du Nigeria, l'insurrection de Boko Haram et sa répression par l'armée, ont provoqué la mort d'au moins 27.000 personnes et le déplacement d'environ 1,8 million de personnes qui ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers.
Otric N.
Les habitants sont encore sous le choc, en ce début de week-end pasqual, un vendredi sombre, dans ce village situé dans l’arrondissement de Kolofata. Les témoins disent que l’incursion est survenue aux alentours de minuit. Comme d’habitude, les terroristes ont fait irruption, alors que les populations endormies, se préparaient dans la sérénité à entrer dans le week-end pasqual.
Les membres de la secte terroriste ont envahi Tchakamari après avoir été informés du retour des déplacés dans ce village, qui garde encore des séquelles de précédents assauts de ces bandits de grands chemins.
Selon les sources sécuritaires le bilan provisoire fait état de 9 morts dont 6 adultes et de nombreux blessés. La destruction des biens et, le vol de quelques têtes de bétail. Les assaillants ont emporté plus de 200 sacs de mil, 300 sacs de haricots lors de leur assaut. Il aurait été plus lourd, nu été la riposte des populations qui, ont mené un combat de longue haleine, pour défendre leur liberté nouvellement acquise.
Malheureusement, face à des terroristes lourdement armés et entraînés, le courage de ces habitants n’a pas été suffisant.
Une énième attaque que l’on considère comme la plus grande de ces deux dernières années dans l’Extrême Nord, alors que les autorités affichent un discours optimiste sur l’affaiblissement de Boko Haram.
Des informations gouvernementales dont on ne peut douter de la fiabilité parce que chaque semaine, ils sont nombreux, les ex terroristes ou rebelles, qui déposent les armes et, s’inscrivent dans le programme de réhabilitation mis en place par le gouvernement camerounais.
Selon le pasteur Zacharie, qui officie à l’église évangélique dans la ville de Kolofata, on compte parmi les victimes, des chrétiens qui auparavant avaient fui ce petit village, à cause de la recrudescence des attaques des terroristes de cette secte : « Il y’a quelques semaines, alors qu’ils avaient pris la décision de revenir prendre possession de leurs avoirs. Il y’a une organisation privée qui leur avait à cette occasion, fait don d’une literie complète, des ustensiles de cuisine, un sac de mil pour chaque famille, un peu d’argent pour l’achat des fournitures scolaires pour celles des familles qui ont des enfants qui sont encore à l’école ».
Après cette autre attaque, ces familles vont-elles rester ? l’homme de Dieu en doute : « Nous causons par téléphone, madame la journaliste et, vous ne pouvez mesurer l’état de désarroi dans lequel ces gens se trouvent. Je ne saurais à cette heure, vous dire si ces pasteurs et leur famille vont rester, ils ont tellement perdu. Nous, nous continuons notre travail et, comme nous sommes en période Pasquale nous allons comme toujours, prêcher le pardon… ».
Nicole Ricci Minyem