Le journaliste sportif rend hommage au « dieu » du football après Pelé. Diego Maradona était un footballeur hors pair que rien ne prédestinait à un tel parcours.
Pour Martin Camus Mimb, rien de mieux que le livre écrit par le goléador argentin ne résume mieux l’histoire de sa vie. Aux termes de ce livre, Maradona était une véritable légende du football. « Si comme moi vous avez lu ce livre, vous avez probablement découvert pourquoi Diego Maradona n'a pas son pareil dans le football. Au talent, s'est ajouté une personnalité hors normes qui savait se mettre en ordre de bataille pour gagner, se rebeller et faire briller les autres. Les argentins pour titiller les brésiliens chantent souvent : "Si Pelé est Roi, Maradona est Dieu..." Moi j'ajoute, que si le poste de meneur de jeu a eu autant de prestance, c'est parce que Maradona a existé. El Pibe de Oro descanse en paz ! »
Il vient de loin …
Diego Maradona vient des quartiers pauvres de Buenos Aires, la capitale de l’Argentine. Et cet environnement de quartier difficile à participer à forger le caractère du El Pibe de Oro. Ses origines pauvres ont contribué à façonner le « mythe Maradona » dans l’imaginaire populaire argentin, surtout parmi les plus démunis.
Malgré ses frasques et sa déchéance, ses comportements décadents, tous les amoureux du football l’ont aimé jusqu’au bout. Et ce d’un amour viscéral, inconditionnel et éternel. Icône internationale, il a inspiré le cinéaste Emir Kusturica (avec le documentaire Maradona, sorti en 2008), le chanteur altermondialiste Manu Chao (qui lui a dédié la chanson Santa Maradona, en 1994), la romancière Alicia Dujovne Ortiz (Maradona c’est moi, La Découverte, 1993) ou de nombreux groupes de rock argentins, comme Los Piojos (« les Poux »), dont l’un des tubes assure que « si Diego, demain, joue au ciel, ils mourront seulement pour pouvoir le voir jouer ».
L’histoire de Diego Maradona est une belle histoire. Comme celle de ces héros, ces Robin des Bois qui d’une manière ou une autre quitte la pauvreté pour revenir tendre la main aux siens qui y sont restés. Question de faire émerger le maximum. Dans son autobiographie, Moi, Diego (Calmann-Lévy, 2001), le joueur raconte avec émotion cette enfance sans le sou : « Je garde un souvenir heureux de mon enfance, bien que si je devais définir d’un seul mot Villa Fiorito, le quartier où je suis né et où j’ai grandi, je choisirais le mot lutte. A Villa Fiorito, quand il y avait à manger, on mangeait, sinon, on ne mangeait pas. »
Stéphane NZESSEU