Les habitants de Bafoussam, capitale de la région de l'Ouest, affirment que les propriétaires de maisons à louer les chassent techniquement, pour obtenir céder leurs locaux aux personnes déplacées plus nanties, afin de faire des gains.
Depuis que les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu se compliquent, de nombreuses personnes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se sont déplacées vers d'autres villes non touchées, créant une congestion qui a entraîné une augmentation du prix des loyers des maisons.
La situation n'est pas différente à Bafoussam, car les propriétaires préfèrent expulser les locataires récalcitrants ou ceux qui paient moins cher, pour accueillir les personnes déplacées privilégiées.
Plusieurs personnes contactées sur place indiquent que les maisons qui, en général, coûtent 30 000 FCFA par mois, sont passées à 45 ou 50 000 FCFA et que le nouveau locataire est invité à payer une ou deux années complètes, sinon la maison est donnée à la personne prête à payer.
"Je suis vraiment bouleversée. Puisque je cherche la maison, c'est difficile à trouver. Quand vous en voyez enfin un, il vous faut un an de loyer lorsque les prix sont élevés pour la première fois. C'est vraiment difficile pour nous de nous installer", s'indigne un déplacé anglophone à Bafoussam.
Certains propriétaires auraient augmenté les loyers, sous prétexte que la ville se développe, à la suite d'une série de travaux de construction dans le cadre du projet C2D et de projets destinés à l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations. Bafoussam est l'une des villes sélectionnées pour accueillir la CAN 2021.
Un journaliste local, Sébastien Essomba, déclare que beaucoup sont bloqués à Bafoussam à cause de cette situation inquiétante. Il en va de même dans d'autres villes francophones qui accueillent des centaines d'anglophones qui ont fui les régions agitées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Entre temps, le président de la République a signé le 06 août un décret créant un poste de commandement du 6ème Bataillon d’intervention rapide (Bir) à Mabanda dans la région du Sud-Ouest.
Le 6ème Bataillon d’intervention rapide (Bir) est une mutation de l’opération dite «Chacal» mise en place par les éléments du Bir qui opéraient principalement dans les régions du Sud-ouest, Nord-Ouest et Ouest du Cameroun. D’après une source au ministère de la Défense la création de ce poste de commandement vise à «resserrer le maillage sécuritaire territorial, sécuriser et rassurer les populations.»
Otric N.