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Médias: un homme politique critique les productions de la CRTV

lundi, 23 mai 2022 11:32 Liliane N.

Anicet Ekane trouve que la CRTV multiplie des sujets de confusion et de tromperie.

L’homme politique Anicet Ekane du Manidem dénonce le fait que la chaîne à capitaux publics la CRTV ait souvent comme invités, des historiens, des juristes et autres qui n sont pas très justes sur l’histoire et le sacrifice des «Kamerunaises» et des «Kamerunais» pour l’unité du pays et son indépendance. Anicet Ekane a saisi par voie de correspondance le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi. Dans cette lettre ouverte, il affirme qu’on peut ne pas dire toute la vérité, cependant, on se doit de ne pas aggraver la situation avec des distorsions.

Retrouvez ci-dessous la lettre ouverte d’Anicet Ekane à René Emmanuel Sadi

Monsieur le Ministre et cher compatriote,

La CRTV a souvent invité des historiens, juristes et autres qui prennent certaines libertés avec l’histoire et le sacrifice des Kamerunaises et des Kamerunais pour l’unité du pays et son indépendance. On peut comprendre sa difficulté à tout mettre sur la table quand c’est le gouvernement qui décide mais il convient de ne pas aller trop loin dans l’évitement de la vérité. Cela a déjà contribué au drame des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Notre pays ne peut supporter cette multiplication des sujets de confusion et de tromperie. Voilà les quelques raisons non exhaustives qui nous poussent à faire les remarques suivantes à propos de « Scènes de presse » du 15 mai 2022 et l’interview (Politics) du 17 mai 2022 dans laquelle s’exprime M. Robert Bapooh Lipot au nom de l’UPC.

 1-A propos de l’intitulé du débat : « Qu’avons-nous fait du caractère unitaire ? », on peut suggérer de dépasser la question de la forme unitaire de l’Etat qui a déjà été largement discutée pour s’interroger sur le fond de l’Etat. Quel Etat voulons-nous en tant qu’êtres humains, Africains ? Telle devrait-être la question essentielle. Au fond, la forme de l’Etat n’est en dernière analyse que l’organisation pratique de ses choix fondamentaux. Un Etat peut-être fédéral comme certain voisin et générer plus de pauvreté et de violence que le Kamerun. Ainsi de suite…

 2-Sur la symbolique de la disposition de deux « anglophones » (l’un probablement du Nord-Ouest et l’autre du Sud-Ouest) en face et en opposition (visible) avec deux « francophones », l’on ne peut que le regretter. Cela paraît reproduire inconsciemment un cliché de division factice quoique malfaisant de la société kamerunaise.

3-On n’a pas vu à l’article 47 de la Constitution de 1961 l’interdiction présumée de modifier la forme fédérale de l’Etat qu’annonce M. Willibroad Dze Ngwa (13e min). Sauf erreur, une telle prohibition n’existait pas. Elle aurait existé que cela ne change pas le fond car la loi est toujours le produit d’un rapport de forces politiques en perpétuelle confrontation.

Aucune  Constitution n’est donc  immuable. La question de la modification est politique et ne peut par conséquent  être résolue que par la mobilisation d’arguments qui convainquent le plus grand nombre. Tant mieux si cela correspond à un certain droit. En 1972, il est incontestable que la force politique de l’UNC a imposé l’Etat unitaire c’est-à-dire l’augmentation des pouvoirs du chef de l’Etat. Les commentaires et déclarations qui tendent à faire croire le contraire détonnent sur la réalité. Ils deviennent dangereux et vecteurs de violence quand ils tentent de dissocier les politiciens UNC de l’ex-West Kamerun de cette action et/ou de créer ex nihilo un droit de distinction ou de veto (pour la communauté dite anglophone) qui aurait été violé.

L’UPC en clandestinité ne s’est pas fondée sur le juridisme mais sur l’affaiblissement démocratique que constituait la soi-disant « révolution pacifique » de 1972 pour dénoncer l’initiative d’Ahidjo, Muna, Foncha et Cie. La phagocytose du minuscule embryon démocratique que constituait la vie politique dans l’ancien West Kamerun dans la pratique de l’ensemble dominé par l’UNC ainsi renforcée, l’influence externe de l’industrie pétrolière coloniale française qui mettra plus sereinement la main sur le pactole pétrolier du Ndian, bref l’intérêt du pays, ont guidé notre protestation à l’époque. Le débat juridique et formel qu’affectionnent tant certains des invités de la CRTV est donc à la fois illégitime et incorrect au regard de l’histoire.

4-On peut éviter de rappeler la vraie histoire mais ne pas aggraver la situation avec des distorsions relevées par exemple à la 40e minute du débat quand M. Dze-Ngwa dit que la loi est violée, tout en reconnaissant que le vote est obligatoire et ne laisse pas de choix. Quelle serait donc cette loi violée et à quoi servirait-elle vu le rapport réel des forces sur le terrain ? M. Dze-Ngwa (24è min) déclare encore qu’Ahidjo voulait apaiser les tensions que créaient (« prônaient » !) les upécistes. C’est l’inverse qui est vrai.  En 1962, selon le même Dze-Ngwa (26è min), il n’y a pas de partis politiques au Kamerun oriental. La vérité est qu’Ahidjo prend une ordonnance en 1962 pour bâillonner ses adversaires qui résistent et existent légalement et de fait malgré tout et bien après cette année-là. Et les « fédéralistes » du West Kamerun d’alors ne le sont que pour le partage du pouvoir en dehors du contrôle populaire et non pour la gestion démocratique. A la 32e minute M. Dze-Ngwa encore parle d’un soupçon de soutien UPC ou communiste à John Ngu Foncha. Simplement ubuesque. C’est le monde à l’envers ! 

5—Dans l’interview du 17 mai, M. Alega Mbele estime qu’entre 1961 et 1972 « on ne voit pas beaucoup l’UPC, on parle davantage de KNDP, du parti unifié, des assemblées législatives ». Réponse de M. Bapooh Lipot : « Ils sont rentrés dans le jeu institutionnel sous la conduite de Mayi Matip. Il n’y avait pas dans les années 1960 une rupture primordiale (sic) avec le projet politique de l’UPC. Il arrive qu’on dise que bien qu’ayant combattu l’Union des populations du Cameroun, Ahmadou Ahidjo a récupéré le projet politique du parti historique. On le voit à travers ses options, son engagement pour la construction de notre jeune nation autour des principes fondateurs de l’UPC». Ceci est le mélange d’un faux historique et une contradiction monumentale.

  1. Mayi Matip ne représentait pas l’UPC. Il a certes été membre de l’UPC mais il a clairement rejoint le camp du pouvoir mis en place par la colonisation, avec certains autres démissionnaires. Aurait-il été représentant de l’UPC que sa démarche ne correspond pas aux choix du parti. Dès lors, comment peut-on dire qu’il n’y a pas « rupture » ? Si Mayi Matip est upéciste au moment où il rejoint le camp d’en face, qu’est donc Um Nyobè qui est assassiné, désarmé, par une balle colonialiste tirée dans le dos, au même moment ? Qu’est donc Félix Moumié mort empoisonné dans le même courant d‘événements par les mêmes forces colonialistes? Qu’est donc Ernest Ouandié, dernier chef historique de l’UPC, fusillé publiquement alors que Mayi Matip co-gère le pays avec Ahidjo ? Si les choix d’Ahidjo étaient bons pour le Kamerun, comment ont-ils pu rencontrer l’opposition de l’UPC dans un combat à mort?

Enfin, M. Bapooh Lipot déclare qu’ « il y a du Ruben Um Nyobe dans l’engagement politique du président Paul Biya ». Paul Biya, lui, est fier d’avoir vaincu les maquis des Um. Allez-y comprendre quelque chose !

Il y a là une confusion choquante qui décourage les esprits les plus sensibles à se mêler de politique et encourage la méconnaissance de l’Histoire glorieuse de notre pays, phare de l’Afrique en lutte pour son émancipation. Personne n’y a intérêt au fond, même pas le gouvernement qui croit tirer profit d’un tel désordre dans la mémoire.

  1. le Ministre, l’on pourrait encore critiquer davantage ces productions mais cela n’est pas notre préoccupation essentielle. Les médias en général et les médias de l’Etat spécialement doivent jouer le rôle d’éducation qui leur est naturellement assigné. A cet égard, l’enseignement de l’histoire politique est capital. Nous ne saurions donc trop attirer votre attention sur ce type d’échanges qui pullulent dans les médias que consomment nos compatriotes ainsi désinformés. Il est grand temps vu les défis auxquels notre cher Kamerun fait face de remédier à cela. Nous n’en attendons pas moins de vous.

Je vous salue en toute fraternité, malgré tout.

Douala, le 20 mai 2022

Anicet EKANE, président du MANIDEM.

Ampliations:

-M. le Président du CNC

-M. le directeur général de la CRTV

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