Ce mardi, les Etats-Unis ont émis l’appel en faveur d’un « vrai dialogue » et d’un « transfert de pouvoir » vers les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en crise au Cameroun. Ils estiment que la solution militaire privilégiée par le Gouvernement ne faisait que renforcer les séparatistes.
Voilà trois semaines qui se sont écoulées, après l’annonce selon laquelle le Cameroun ne sera plus « éligible » aux traitements commerciaux préférentiels américains. Ce mardi, Tibor Nagy, le haut responsable chargé de l’Afrique au département d’Etat américain, a estimé lors d’une audition parlementaire à Washington que les conseillers du président camerounais Paul Biya lui ont fait croire que la victoire militaire était envisageable pour résoudre la crise dans les régions anglophones du pays.
Selon le diplomate américain, « la vérité, c’est qu’il n’y aurait pas de victoire militaire » au conflit qui oppose les indépendantistes anglophones à l’armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.
Tibor Nagy déplore la situation, « chaque jour, davantage de Camerounais, qui étaient probablement au départ des Camerounais très loyalistes, commencent à se dire que la Sécession est peut-être la bonne solution », dit-il.
S’agissant du dossier sur le Grand dialogue national organisé au Palais des Congrès de Yaoundé du 30 septembre au 04 octobre 2019 pour tenter de résoudre la crise séparatiste anglophone, le haut responsable chargé de l’Afrique au département d’Etat américain a relativisé le succès.
Plus de 3.000 morts enregistrés
Tibor Nagy, a saisi l’opportunité pour formuler un plaidoyer en faveur de la résolution de la crise anglophone. « Il doit y avoir un vrai dialogue. Et il doit y avoir un transfert de pouvoir vers la région », a-t-il souhaité en insistant sur la nécessité d’annoncer « quelque chose qui ait suffisamment d’intérêt pour ceux qui sont encore dans le camp des modérés ».
La crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest camerounais, a entraîné la mort de plus de 3.000 personnes en deux ans. Et en l’état actuel des choses, plusieurs observateurs voient une menace sur les élections législatives et municipales annoncées pour le 09 février 2019.
Innocent D H