La France, par la voix de son ambassadeur à Yaoundé, a tenu à saluer la signature par le président Biya du décret permettant la création du Comité de désarmement et de réinsertion des miliciens camerounais au sein de la société.
Paul Biya confirme ainsi les propos qu’il a tenu lors de son discours d’investiture le 6 novembre dernier, dans lequel il invitait les jeunes engagées dans les milices séparatistes et dans tout autre activité terroriste à déposer les armes.
Il avait ainsi déclaré: “À ces entrepreneurs de guerre, qui mettent à mal notre unité nationale et prônent la sécession, il faut qu’ils sachent qu’ils se heurteront non seulement à la rigueur de la loi, mais aussi à la détermination de nos forces de défense et de sécurité. Je leur lance un appel à déposer les armes et à retrouver le droit chemin. J’en appelle tout particulièrement aux jeunes qui se sont laissés entraîner dans une aventure sans lendemain” et avait ajouté qu’il avait “ l’intime conviction que l’écrasante majorité de nos compatriotes des deux régions concernées aspirent à retrouver rapidement la paix au sein de la communauté nationale”.
Jeudi 6 décembre dernier, l’ambassadeur de France, Son Excellence Gilles Thibault a été reçu par le chef de l'État camerounais au Palais de l’Unité pour une audience durant laquelle, parmi les nombreux sujets abordés, celui de la création et de la mise en place du Comité de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants de Boko Haram et des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Gilles Thibault a tenu à apporter son soutien à ce projet gouvernemental en saluant cette initiative du Président Biya. Il a précisé qu’il espérait que cette action ouvrirait des perspectives inédites de paix et de retour au calme dans les régions souffrant du terrorisme, et plus particulièrement les zones anglophones du Cameroun.
L’attitude encourageante de la France et de son ambassadeur tranche particulièrement avec la froideur et la dureté des propos du secrétaire d'État adjoint américain pour l'Afrique, Tibor Nagy, qui estimait jeudi dernier, le même jour où Gilles Thibault et Paul Biya s’entretenait, que la situation dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest allait s’aggraver et que "la dernière chose dont nous avons besoin" est une intensification de la radicalisation en réponse aux opérations menées par les forces armées camerounaises, en omettant de mentionner la création du comité de désarmement.
Paul T.